Signez la pétition

Place Grenette - Article du Dauphine Libéré

ISÈREGrenoble : "Il faut régler le problème de la place Grenette"





Selon les riverains de la place Grenette, le site n’est pas toujours aussi calme. Loin de là…
Selon les riverains de la place Grenette, le site n’est pas toujours aussi calme. Loin de là…


D’abord il y a eu une lettre, puis deux… Et ce mot de l’Union de quartier du centre-ville (UQCV) annonçant la tenue de l’assemblée générale traditionnelle, doublée exceptionnellement d’une réunion publique lundi soir à 20 h 30, dans la salle de la Maison du tourisme.
Une réunion à laquelle devrait assister le maire Éric Piolle et à laquelle a été invité le préfet, et dont le gros point inscrit à l’ordre du jour est le suivant : “Les nuisances diurnes et nocturnes rencontrées en centre-ville, notamment autour de la place Grenette”.

« Les habitants sont inquiets »

Mais que se passe-t-il sur notre célèbre place, sur la “PG”, comme disaient les anciens ? Mathieu Mauvais, référent à l’Union de quartier, explique : « Nous avons de nombreuses remontées des habitants qui sont très préoccupés par ce qui se passe quotidiennement sous leurs fenêtres, à la porte de leurs immeubles. Depuis plusieurs années, des personnes en errance ont l’habitude de se rassembler sur la place Grenette, de consommer de l’alcool sur place. Or, cela fait quelques semaines que les riverains ont noté également des consommations de drogues et des allées et venues d’autres groupes de personnes. Les habitants sont inquiets. » M. Mauvais dit que l’Union de quartier ne veut en aucun cas stigmatiser des personnes « qui peuvent être elles aussi en souffrance », il signale même qu’un de leurs membres est allé à la rencontre de « ceux qui se qualifient eux-mêmes comme zonards, pour connaître leurs aspirations, pour comprendre aussi. » Mais il ajoute que « les interpellations des habitants vont en augmentant. » Et lundi prochain, l’Union de quartier aimerait entendre des réponses à la fois de la Ville mais aussi de l’État. « On sait que la Ville ne peut pas agir seule, mais on ne veut plus que les uns et les autres se renvoient la balle. Il faut agir, il faut régler le problème de la place Grenette. »
Contactée, l’adjointe à la Tranquillité publique Élisa Martin a déclaré que la municipalité avait classé la place Grenette « comme prioritaire », qu’elle travaillait « activement avec plusieurs associations – y compris de la protection animale – pour repérer les situations les plus critiques », que la police municipale avait « renforcé sa présence », et que certains groupes de personnes avaient « déjà été signalés à la police nationale. » D’autres annonces devraient être faites lundi soir à la population, notamment l’avancement en date du traditionnel arrêté municipal interdisant la consommation d’alcool sur l’espace public.
----------------------------------
« Jamais je n’aurais cru que de telles situations puissent se produire en plein centre-ville »
Il semble à bout, lui qui habite juste au-dessus de la place Grenette. Lui qui dit qu’inconsciemment, il évite de plus en plus de sortir de chez lui le soir… « Et quand je le fais, je regarde par la fenêtre pour compter combien ils sont… »
Ceux que cet habitant a pris l’habitude de compter, ce sont « les marginaux avec chiens, qui ne sont pas forcément des SDF, mais qui viennent squatter la place Grenette car elle est connue pour être l’endroit où on peut se défoncer en plein centre-ville, en plein jour… »
Pour lui et ses voisins, la situation n’est pas nouvelle. « Elle dure depuis un an et demi, mais elle s’est aggravée car le nombre de personnes s’agrandit. »
Il parle alors de ses nuits dont la tranquillité est percée par des cris stridents, des aboiements et du tapage, de sa voisine qui « a peur pour ses enfants en bas âge depuis qu’elle a vu un homme se fracasser volontairement le crâne contre un réverbère ».
Il parle aussi des bosquets qui empestent : « Ceux qui squattent la place boivent beaucoup, tout le temps. Donc ils ont souvent des besoins physiologiques pressants. Ça sent la pisse et la merde juste devant nos portes. » Il assure que les habitants appellent la police municipale plusieurs fois par semaine. « D’ailleurs, c’est elle qui nous a conseillé d’écrire au maire et au préfet, ce qu’on est plusieurs à avoir fait ». Il ajoute : « Après 23 heures, c’est vers la police nationale que l’on doit se tourner, mais on sait bien qu’elle a d’autres problèmes à régler. »
Il poursuit, intarissable : « Ici, on sait tous qu’il y a trois zones sur la place Grenette : la zone de squat près de la fontaine, la zone pour interpeller les passants et leur demander de l’argent, la zone pour faire les besoins. Mais maintenant, il y a une nouveauté : la situation dégénère de l’alcool vers la drogue. Plusieurs voisins m’en avaient parlé, mais j’avais du mal à le croire, jusqu’à ce que j’en aie moi-même été témoin. En plein après-midi, en plein jour, tranquillement, devant tout le monde, j’ai vu un couple sniffer une poudre, j’imagine de la cocaïne ou autre chose. Franchement, jamais je n’aurais cru que de telles situations puissent se produire en plein centre-ville. Je croyais cela réservé aux quartiers dits sensibles. Mais ça y est : la place Grenette, le cœur historique de Grenoble, est devenue un quartier sensible ! »