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Un week-end Place Grenette

UN WEEK-END PLACE GRENETTE


FIN D’APRES MIDI VENDREDI (23 MAI):
Le week-end commence.
Mais il pleut et les marginaux occupent le passage du jardin de ville. Ils bloquent les portes et les habitants du n°6 place Grenette et du n°2 rue Montorge. L’un d’eux, à son retour du travail, doit appeler la police et attendre qu’elle intervienne pour pouvoir rentrer à son domicile.

NUIT DE VENDREDI A SAMEDI :
Pendant que les marginaux sont sous le kiosque du jardin de ville, leurs chiens errent place Grenette et les habitants ont droit à un concert d’aboiements à 3 heures du matin. C’en est fini du sommeil après toute la semaine de boulot.
Que faire ? La police municipale n’est plus en service et la police nationale ne viendra pas pour ça. Il ne reste plus qu’à subir en se demandant si quelqu’un ne va pas finir par péter les plombs et sortir un fusil.

JOURNEE DE SAMEDI (24 MAI) :
La police intervient plusieurs fois pour disperser l’attroupement qui bloque la porte et les habitants du n°7, le premier de la journée ayant commencé à se former dès 10h du matin à l’ouverture des magasins. Comme toujours, il se reforme quelques heures après la dispersion en s’appropriant aussi le passage vers Grande Rue. Dans l’intervalle, c’est du jardin de ville dont les zonards prennent la possession, avec leurs chiens qui divaguent et aboient de concert.

NUIT DE SAMEDI :
En début de soirée, la police intervient pour vider le jardin de ville. Une vingtaine de marginaux affluent alors place Grenette. Ils passent aux tables des clients de la brasserie à côté de France Loisirs pour obtenir des cigarettes. Les clients refusent ce qui enclenche une altercation musclée. Des renforts de police sont appelés, ils arrivent très rapidement et vident aussi la place Grenette.
Une heure plus tard : 2 marginaux, des nouveaux venus, se mettent dans le passage devant Jennyfer et suivent les passants en marchant pour obtenir de l’argent. Puis ils installent des sacs de couchage.
A minuit : 8 personnes, pas des marginaux mais des jeunes gens qui les imitent pour un soir, s’installent à côté de la fontaine pour se bourrer la gueule et fumer des joints. Nul doute qu’ils savent que c’est l’endroit de Grenoble où c’est possible et qu’à cette heure là il n’y a plus de police.
Dans la nuit, quelqu’un, probablement l’un d’entre eux, vomit sur les marches qui mènent à la porte du n°4.

JOURNEE DE DIMANCHE (25 MAI) :
En début de matinée, 5 marginaux avec 6 chiens se groupent sur les marches de France Loisirs et bloquent encore une fois la porte du n°4. Ils partent en milieu de matinée et les habitants sortent alors de leur immeuble en enjambant ce qu’ils ont laissé au sol : des ordures mais aussi des vêtements, des fruits et un pain au chocolat dont dans leur misère supposée ils n’ont pas eu besoin.
En fin de matinée, sur le chemin de la place au marché Sainte Claire, un marginal vomit entre deux voitures devant Monoprix pendant que les deux autres demandent de l’argent aux passants.


Le début d’après midi est chaud et ceux qui viennent sur la place décident les uns après les autres d’aller au frais du jardin de ville. L’un d’eux, particulièrement actif la nuit, choisit Grande Rue pour faire la sieste sur le pas de porte de Pimkie. Avec la chaleur, une odeur de pisse flotte dans toute la rue.
En fin d’après midi, 2 punks avec 7 chiens (oui, SEPT chiens !!!), encore des nouveaux venus, s’installent devant Jennyfer. Les 2 marginaux dealers présumés surgissent et établissent un court contact avec eux, puis s’en vont (le temps de dire ce qu’ils fournissent ?).
En début de soirée, les 2 dealers présumés reviennent avec un clochard très mal en point, tous fument des joints. Comme tous les soirs, l’un des deux suit les passants en leur parlant. Tout à coup, il échange en un éclair et sans un mot quelque chose avec un jeune homme qui traversait la place à grands pas rapides, puis tous s’en vont.


Finalement, ce dimanche a été calme en comparaison de dimanche dernier (16 mai) où ils étaient 27 plus les chiens dans la journée, et où tard dans la soirée les habitants du n°4 et du n°7 place Grenette ont dû devant leur porte enjamber les corps et les chiens pour rentrer à leur domicile.

NUIT DE DIMANCHE A LUNDI :
Ouf, la nuit aura pour une fois été normale. Quel bonheur d’être pour une fois réveillé par le réveil matin, même si c’est pour aller travailler !


Le week-end est terminé. Il n’a pas été parmi les pires. Oui mais comment vont maintenant se passer la journée, la soirée, la nuit prochaine ? Comment va se passer la semaine ?



Reportage réalisé par un groupe de riverains de la place Grenette.